Le serment

« Je ne prends pas ce qui appartient à l'autre.
Je ne laisse pas ce qui m'appartient.
Je perçois, je nomme, je tiens. »

Un serment court, mémorable, qui ne parle ni de pouvoirs ni de connaissances : il donne une posture. Il repose sur trois principes fondamentaux — les limites, le discernement et la responsabilité.

I

« Je ne prends pas ce qui appartient à l'autre. »

Cette phrase évoque le respect de l'intégrité de chacun.

  • Ne pas porter les émotions des autres à leur place.
  • Ne pas s'approprier leur histoire, leurs souffrances ou leurs responsabilités.
  • Ne pas projeter ses propres croyances sur autrui.
  • Accompagner sans se substituer à l'autre.

Elle invite à une posture d'humilité : chacun reste responsable de son propre chemin.

II

« Je ne laisse pas ce qui m'appartient. »

C'est le complément indispensable de la première phrase. Elle rappelle l'importance de :

  • Rester présent à soi-même.
  • Assumer ses ressentis et ses responsabilités.
  • Ne pas abandonner son pouvoir personnel.
  • Ne pas chercher à être sauvé ou validé par l'extérieur.

Autrement dit : je ne me charge pas de l'autre, mais je ne me décharge pas de moi-même. C'est une définition de la souveraineté personnelle.

III

« Je perçois, je nomme, je tiens. »

Cette dernière phrase ne décrit pas une croyance : elle décrit une méthode, en trois temps, qui se pratique à chaque séance comme à chaque conversation.

Je perçois

Avant toute interprétation, il y a l'observation. Percevoir, c'est être attentif, observer sans jugement, écouter ce qui est présent. "Percer pour voir"...

Je nomme en conscience

Nommer, c'est mettre de la conscience sur ce qui est perçu : clarifier, éviter les projections, rendre visible, projeter et créer. Nommer n'est pas imposer une vérité, c'est formuler avec discernement ce qui est observé. Nommer, c'est manifester dans la réalité.

Je tiens

Le mot le plus puissant. Tenir, c'est rester stable, ne pas fuir l'inconfort, garder sa posture, assumer ce qui a été perçu et nommé — maintenir un cadre sécurisant sans chercher à contrôler ni à convaincre.  

Une éthique, pas une technique

Ce serment ne parle pas d'acquérir des pouvoirs ou des connaissances. Il parle d'une posture. Il rappelle que l'accompagnement commence par le respect de soi et de l'autre, la responsabilité personnelle, le discernement et une présence stable. Il propose une éthique où chacun reste à sa juste place.

C'est aussi une pratique quotidienne : on ne le récite pas, on le vérifie. À chaque fois que l'on se surprend à porter ce qui n'est pas à soi, ou à abandonner ce qui l'est, le serment redevient un repère — il ramène à la juste distance, celle qui permet d'accompagner longtemps sans s'épuiser.

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